Manifestation scientifique

L'Algérie et l'Afrique. Hier et aujourd'hui
L'Algérie et l'Afrique. Hier et aujourd'hui
Type
Journée(s) d'étude(s)
date
22/05/2018
heure
12:00
lieu
CRASC
Thématique :
Histoire et rapport à la mémoire nationale
Mots-clés :
Afrique Algérie histoire mémoire récit
Résumé
L’Algérie et l’Afrique, hier et aujourd’hui

L’Algérie est une terre africaine. Au delà des vicissitudes et des contingences politiques, l’Algérie n’a jamais cessé de rechercher les voies et les moyens pour développer ses relations avec le reste des pays africains et notamment avec ceux de l’Afrique sub-saharienne.
Ces relations ne datent pas d’hier, elles remontent déjà à l’aube de l’histoire. Au fil du temps, elles se sont développées, le Sahara étant devenu, par conséquent, un carrefour. Caravanes, voyageurs et lettrés descendaient du Maghreb vers l’Afrique. Durant plusieurs siècles, la circulation des marchandises et des hommes qui s’en est suivie, a joué un grand rôle dans l’islamisation de l’Afrique de l’Ouest. Et c’est grâce à ce flux que de nouveaux rapports se sont tissés. Des confréries religieuses avaient trouvé sur le sol africain un terrain de prédilection et des oulémas, tels qu’El Maghili et Cheikh El Kounti, avaient marqué une génération d’érudits. Cette sédimentation d’islamisation et de l’échange des savoirs était tellement forte qu’elle n’a pu être atteinte par la colonisation en dépit du travail de déculturation entrepris par la force.
Aussi, lorsque l’heure de l’éveil des nations colonisées sonna, l’Algérie et la plupart des pays africains se sont retrouvés unis dans le même combat libérateur. L’élan révolutionnaire qui anima toute une génération dans les guerres de libération avait unifié leurs rangs durant la période post indépendance. Cependant, avec la fin de la bipolarité et le triomphe de la vague néolibérale, le socle, à partir duquel, les États nationaux projetaient bâtir l’avenir de leurs populations, se fissura. Cet écueil aggrava la fragilité de la société africaine qui fut exposée à de nombreux fléaux. Famine, épidémie, déchirement ethnique, guerre civile et terrorisme n’allaient pas sans constituer le lot de souffrance commun aux Africains. Dans ce tourbillon de violences, l’Algérie ne fut point épargnée. Durant une décennie, elle combattit le terrorisme islamiste.
Dans ce temps africain, temps mêlé d’incertitude et d’espoir, l’Algérie n’a jamais tourné le dos à l’Afrique. Fidèle à sa mémoire africaine et à ses engagements historiques, et conscients de sa profondeur stratégique en Afrique, elle avait entrepris, depuis le début des années 2000, une politique audacieuse qui a fait d’elle un acteur majeur sur la scène africaine. Partageant la même approche sécuritaire avec les pays du Sahel, notamment, elle initia de concert avec l’Afrique du Sud et le Nigeria le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (le NEPAD).
Plus d’une décennie plus tard, le bilan est mitigé. Si un certain nombre d’actions sont inscrites au compte de l’Algérie, d’autres champs restent encore en friche. Il en est ainsi du domaine de l’enseignement scientifique et de la recherche où des ponts devraient être construits entre les universités, les centres de recherche et la communauté scientifique. Il va sans dire que cette voie apparait comme étant une condition pour assurer une synergie entre toutes les forces vives des pays d’Afrique. A ce titre, il convient de citer quelques initiatives prometteuses, à l’instar du Conseil pour le Développement des Sciences et la Recherche en Afrique (Le CODESRIA). Il en est de même du Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle (CRASC), dont l’une de ses missions de recherche vise l’investigation scientifique dans le champ des réalités africaines.
Pour servir de bon exemple, les deux institutions collaborent étroitement depuis plusieurs années. L’Africa Review of Books (ARB), éditée en partenariat avec le CODESRIA, et dont l’édition francophone est coordonnée par le CRASC, est un premier jalon dans la construction d’une coopération soutenue entre les chercheurs africains. Même s’il s’agit d’une première initiative, le CRASC ne compte pas rester à ce niveau de travail. Il ambitionne d’investir d’autres domaines d’activité africaine afin de répondre aux préoccupations des autorités nationales et des populations, en matière de développement des sciences sociales.
Le premier numéro de l’Africa Review of Books (ARB) a été édité en 2004. La revue compte 26 numéros à ce jour.

Mansour KEDIDIR/ CRASC
Participants
Hassan REMAOUN
Hassan REMAOUN
intervenant
Biographie
Est professeur de l’enseignement supérieur à la retraite et directeur de recherche associé au Crasc (Oran). Il a été à l’origine de plusieurs publications et a notamment été french editor de l’Africa Review of Books et membre du Comité exécutif du CODESRIA (Dakar). Il se consacre actuellement à l’élaboration d’une seconde édition du « Dictionnaire du passé de l’Algérie des origines à 1962 », dont il assume la direction.
Il a reçu en 2023, le Prix Ibn Khaldun pour la Méditerranée
Mansour KEDIDIR
Mansour KEDIDIR
intervenant
Mohamed MILIANI
Mohamed MILIANI
intervenant
Biographie
Chercheur associé, Langue anglaise - Sciences de l'éducation, Université d'Oran 2 / CRASC, Algérie
Yamina RAHOU
intervenant