Manifestation scientifique

La jeune recherche en sciences sociales et humaines au Maghreb. Institutions et acteurs. Hommage à feu Mohamed Brahim Salhi
La jeune recherche en sciences sociales et humaines au Maghreb. Institutions et acteurs. Hommage à feu Mohamed Brahim Salhi
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Type
Colloque International
date
03/12/2017 - 04/12/2017
heure
09:00
lieu
CRASC
Mots-clés :
acteur institution jeune recherche maghreb
Résumé
1. La politique religieuse au Maroc (1980-2002) : Revue critique de thèses et d'approches méthodologiques
Salim Hmimnat (Université Mohammed V, Rabat)
Résumé : Cette intervention propose une lecture critique des thèses ayant traité de la gestion du champ religieux au Maroc sous l'angle de l'analyse des politiques publiques. Bien que les littératures anglo-saxonnes et francophones aient théorisé les politiques sociales ou économiques, le champ symbolique et religieux reste peu exploré. L'auteur souligne que la recherche marocaine a longtemps négligé ce domaine, souvent réduit à l'analyse des mouvements islamistes ou à une simple réponse sécuritaire de l'État. En s'appuyant sur une enquête de terrain, cette étude réévalue le rôle de l'institution religieuse officielle (ministère des Habous) et examine la valeur ajoutée de ces recherches pour la science politique marocaine.
2. La jeune recherche en sciences sociales
Mounir Saidani (Université de Tunis El Manar)
Résumé : Depuis 2010, la Tunisie connaît des mutations sociales profondes qui ont transformé le paysage épistémologique. De nouveaux champs (anthropologie, mouvements sociaux) ont émergé, et les chercheurs tunisiens se sont intégrés aux réseaux internationaux. L'auteur étudie ici le parcours de jeunes sociologues qui s'affranchissent des traditions académiques rigides à travers la recherche collective, la sociologie visuelle et le passage de l'engagement associatif à l'activité scientifique. La question centrale est de savoir si ces nouvelles pratiques s'accompagnent d'un changement de paradigme analytique.
3. La qualité de la recherche à l'Université de Tripoli : Obstacles et perspectives (Modèle du département de sociologie)
Hussein Salem Mrigin & Salma Ibrahim Ben Omran (Université de Tripoli, Libye)
Résumé : Face à l'exacerbation des problèmes sociaux en Libye après 2011, il est urgent de mobiliser la recherche en sciences sociales. Cette étude diagnostique l'état actuel de la recherche au département de sociologie de Tripoli et identifie les leviers pour instaurer une culture de la qualité académique capable de répondre aux défis sociétaux.
4. Expérience de recherche ethnographique sur les sociétés sahariennes
Meriem Lemam (CRASC, Algérie)
Résumé : Ce travail retrace un parcours ethnographique au Sahara (Oued Righ, Touat), abordant des thèmes comme l'habitat ancien (Ksar), la sémantique des noms de famille, la mobilité ksourienne et le patrimoine oral. L'auteure expose les défis méthodologiques du terrain saharien et plaide pour l'adoption d'un "regard local" dans les études anthropologiques contemporaines.
5. Expérience de recherche en sociologie du sport
Mohamed Abbas Mahi (Université d'Oran 2)
Résumé : La sociologie du sport reste marginale au Maghreb, dépendante de références européennes parfois inadaptées au terrain local. L'auteur s'intéresse au passage du football de simple jeu à un phénomène social majeur. À travers une étude comparative entre "spectateurs" et "supporters", il propose une analyse dépassant le cliché du hooliganisme. Il aborde également les difficultés des jeunes chercheurs : formation de base, barrière de la langue, rareté des sources locales et accès aux bourses.
6. L'approche de terrain des conversions religieuses en Algérie : Faiblesse de l'expérience et pression du terrain
Safia Madani Fouatih (Université d'Oran 2)
Résumé : Ce papier relate une enquête délicate sur la conversion de l'islam vers le protestantisme. Le chercheur est confronté à des "objets" marqués par le tabou et la stigmatisation sociale. En utilisant la "description dense" de Clifford Geertz, l'auteure analyse comment les convertis produisent du sens. Elle souligne la difficulté psychologique pour un jeune chercheur de gérer un tel terrain sans accompagnement, et appelle à un renouvellement des concepts pour saisir les nouvelles identités religieuses mondialisées.
7. Expériences doctorales : Trajectoires académiques et contraintes institutionnelles
Abbas Ferial & Djebbas Houda (Université Constantine 2)
Résumé : Les auteures analysent le parcours des doctorants en SHS dans le cadre du système LMD en Algérie. Le choix des sujets est souvent dicté par des contraintes administratives ou socioculturelles plutôt que par une pure autonomie scientifique. La recherche met en lumière la tension entre la nécessité de produire de la qualité et l'urgence de soutenir sa thèse pour évoluer professionnellement, dans un contexte de forte charge pédagogique.
8. Les voyages scientifiques des étudiants algériens (Cas de Zeddour Brahim Belkacem, 1946-1954)
Houria Djillali (CRASC, Algérie)
Résumé : Cette étude historique suit le parcours de Zeddour Brahim Belkacem, étudiant à Tunis (Zitouna) puis au Caire. L'auteure examine les conditions de vie des étudiants algériens à l'étranger et leur rôle dans la diplomatie culturelle et politique pour la cause nationale. Elle souligne l'importance — et la difficulté — de l'utilisation des sources orales et des archives privées.
9. Recherche interdisciplinaire sur le chômage des ingénieurs
Hind Bouakada (CRASC, Algérie)
Résumé : Dans le cadre d'une thèse sur les représentations du travail, l'auteure explore le "vécu psychologique" des ingénieurs au chômage. En utilisant les récits de vie, l'étude montre comment la privation d'emploi entraîne une perte de statut, une dépendance matérielle et un effritement de l'identité personnelle (sentiment d'infériorité, pessimisme).
10. La recherche chez les jeunes Maghrébins : Le modèle du Centre d'Études Maghrébines (CEMA/CEMAT)
Leila Kouaki (CRASC, Algérie)
Résumé : L'auteure analyse l'apport des ateliers de méthodologie organisés en partenariat avec la fondation Harry Frank Guggenheim. Ces formations permettent aux jeunes chercheurs de lier l'étude de la violence aux mutations sociales et politiques actuelles. L'objectif est de voir comment cette jeune recherche contribue à l'anthropologie en questionnant tant le présent que les racines historiques du Maghreb.
11. Évolution de la sociologie politique en Algérie (2007-2017)
Yahia Benyamina (CRASC, Algérie)
Résumé : Ce papier propose un bilan bibliographique des thèses et mémoires de sociologie politique à l'Université d'Oran sur une décennie. L'objectif est de répertorier les thématiques dominantes et les choix méthodologiques pour comprendre si le discours scientifique algérien est en phase avec le contexte politique et intellectuel global, ou s'il s'inscrit dans une simple continuité institutionnelle.
C’est un corpus très riche qui achève ce panorama de la recherche en sciences sociales en Algérie. Les thèmes abordés ici (urbanisme saharien, santé publique, autorité religieuse féminine, épistémologie de la philosophie et sociologie des organisations) témoignent d'une grande vitalité académique.

12. L’espace public dans la société mozabite : Étude descriptive d’une expérience de terrain
Mohamed Bencheibi (Université de Mostaganem)
Résumé : Suite à une immersion à Ghardaïa en 2008, l'auteur analyse les paradoxes profonds d'une région qui, derrière sa façade commerciale, cache des enjeux religieux et politiques complexes. Cette étude interroge le concept d'« espace public » (souvent perçu en Algérie comme Nta' el-Baylek, un espace étatique dont personne n'est responsable) dans le contexte mozabite. À travers l’observation du système des Azzaba (conseil religieux) et du fonctionnement du marché quotidien, l'auteur examine comment cet espace, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, maintient sa cohérence. La question centrale est de comprendre comment le "public" peut se transformer en "privé" et comment l'identité mozabite résiste aux courants de la modernité.
13. Obésité et médecine alternative : Approche anthropologique à Constantine
Amina Latrèche (CRASC, Algérie)
Résumé : Autrefois symbole de prospérité, l'obésité est aujourd'hui une épidémie mondiale aux conséquences sociales lourdes. Cette recherche explore le recours des jeunes Constantinois aux médecines alternatives (phytothérapie, hijama, acupuncture) face à l'échec des traitements conventionnels. L'auteure analyse les facteurs socio-économiques et culturels de ce choix, ainsi que l'influence prépondérante du « bouche-à-oreille » et des réseaux sociaux dans la circulation des savoirs thérapeutiques.
14. L’orientation religieuse féminine à Tlemcen et la formation d’une autorité féminine au sein des mosquées
Fatma Zohra Djidid (CRASC, Algérie)
Résumé : Ce projet étudie l'émergence des Mourchidates (guides religieuses) à Tlemcen. Après avoir étudié les mouvements informels (notamment salafistes), l'auteure se concentre ici sur l'action religieuse féminine dans le cadre institutionnel. L'étude interroge les représentations que ces femmes ont de leur métier, leurs discours, leurs parcours de formation et, surtout, la nature et la source de leur autorité dans un espace traditionnellement masculin.
15. La philosophie comme modèle de la jeune recherche en Algérie
Souhila Sebia (CRASC, Algérie)
Résumé : La recherche en philosophie en Algérie est tiraillée entre le "discours institutionnel" et la "pensée libre". L'auteure analyse les défis du jeune chercheur face aux exigences de qualité et de formation. Elle propose une lecture de l'expérience algérienne en soulignant le rôle crucial des institutions scientifiques pour valoriser la pensée philosophique face à l'hégémonie des savoirs techniques et de la rentabilité immédiate.
16. Le Rap en Algérie : Une expérience de recherche
Hafidha Aber (Université d’Oran 2)
Résumé : Apparu durant la "décennie noire", le rap algérien est devenu le porte-voix d'une jeunesse marginalisée. L'auteure analyse les valeurs politiques véhiculées par ce genre musical révolutionnaire. Malgré les réticences académiques initiales, cette recherche vise à enrichir la sociologie de la culture en explorant comment le rap devient un outil de contestation et de construction identitaire face au manque d'espaces d'expression officiels.
17. Le parcours de recherche en anthropologie religieuse : Entre théorie et terrain
Yakhlef El Hadj (CNRPAH, Algérie)
Résumé : S'appuyant sur l'approche symbolique de Clifford Geertz, l'auteur explore la persistance des Zaouïas (confréries soufies) dans l'Algérie contemporaine. Malgré les crises politiques et économiques, ces institutions traditionnelles maintiennent leur influence grâce à des codes séculaires (Baraka, bénédiction). L'étude relate une expérience de terrain sur les confréries Qadiriyya et Aïssawa à Aïn Témouchent, illustrant le passage de la théorie anthropologique à la réalité complexe du sacré local.
18. Mutations de la thèse de doctorat sous la réforme LMD (Dimensions et perspectives)
Fatma Zohra Toubal (Université d’Oran 1)
Résumé : La réforme LMD (Licence-Master-Doctorat) introduite en 2004 a profondément modifié la méthodologie de recherche en sciences humaines. L'auteure analyse le passage d'une analyse traditionnelle à une approche axée sur les "compétences scientifiques" et l'interdisciplinarité (histoire, sociologie, statistiques). L'étude évalue si les objectifs de rigueur et de qualité de la réforme sont atteints et comment elles permettent de rompre avec les pratiques de complaisance académique.
19. La recherche "jeune" après 2000, du local au maghrébin : État des lieux
Najat Lahdiri (CRASC, Algérie)
Résumé : Ce papier dresse un bilan de l'évolution des recherches menées par les jeunes chercheurs depuis l'an 2000. Il analyse comment les thématiques sont passées d'une échelle strictement locale à une dimension maghrébine et internationale. L'auteure utilise une approche historique et survey pour identifier les acteurs (chercheurs et institutions) et les mutations des méthodes de travail au cours des deux dernières décennies.
20. Comportements des travailleurs industriels face aux mutations socio-économiques
Nadia Semmache (CRASC, Algérie)
Résumé : Dans le cadre d'une étude au sein de l'entreprise nationale de fonderie (ALFO-Oran), l'auteure analyse les déterminants du comportement humain au travail. Loin de la vision "taylorienne" de l'homme-machine, cette étude explore l'influence des valeurs sociales et de la culture sur les relations professionnelles. Elle met en lumière les comportements négatifs (indifférence, absentéisme, égoïsme) comme des réponses à la pression technologique, au manque de communication verticale et à l'absence de reconnaissance des compétences.
C'est un travail colossal qui couvre une grande diversité de thématiques : patrimoine immatériel, démographie, santé, sociologie urbaine, migrations et épistémologie de la recherche. Ces résumés (21 à 43) complètent parfaitement la vision de la recherche actuelle au Maghreb.

21. La question méthodologique et l'opérationnalisation du recueil du patrimoine immatériel : L'expérience du Titteri
Zahia Benabdallah (CNRPAH, Algérie)
Résumé : La collecte du patrimoine immatériel nécessite une rigueur méthodologique pour ne pas se perdre dans la masse d'informations du terrain. Cette étude relate l'expérience de la wilaya de Médéa, menée sous l'égide de l'UNESCO et du CNRPAH. Médéa (ancienne capitale du Beylik du Titteri) possède une richesse historique (romaine, andalouse, ottomane) qui infuse encore l'artisanat, la cuisine (art de la Oula, confitures) et les noms de famille. L'auteure souligne l'importance des réseaux locaux (mairies, directions de la culture, société civile) et de l'approche interdisciplinaire pour inventorier des savoirs fragiles, aboutissant à la création de 22 fiches d'inventaire aux normes UNESCO.

22. Spatialité de la transition de la fécondité en Algérie
Fatma Zohra Boulefdane (CRASC, Algérie)
Résumé : La fécondité est un phénomène démographique au cœur des mutations socio-économiques. Cette étude analyse les disparités spatiales de l'indice synthétique de fécondité en Algérie. Par l'utilisation de l'Analyse en Composantes Principales (ACP), l'auteure identifie les déterminants (âge au mariage, niveau d'éducation, contraception) et propose une typologie de la transition : des zones de transition avancée aux zones de transition débutante.

23. Réalité de la recherche universitaire en psychologie clinique : Un terrain semé d'embûches
Intisar Sahraoui (Université de Béjaïa, Algérie)
Résumé : Ce témoignage retrace six années de doctorat sur la transplantation rénale à Alger (Hôpital Mustapha Pacha). L'auteure expose les difficultés concrètes du chercheur : barrière de la langue (littérature en français, rédaction en arabe), contraintes géographiques (trajets Béjaïa-Alger) et surtout l'absence de cadre institutionnel (manque de bureau pour les entretiens cliniques). Elle analyse comment la précarité logistique impacte la relation avec le patient et la qualité des données recueillies.

24. Méthodologie d'étude des mouvements à référent religieux
Zoubir Arrous (Université d’Alger 2, Algérie)
Résumé : L'auteur interroge la pertinence des cadres théoriques actuels pour étudier le religieux en Algérie. Il plaide pour une rupture avec les analyses qui considèrent ces mouvements comme des "corps étrangers" à l'histoire locale. L'approche doit intégrer l'histoire longue, le contexte urbain et la culture politique pour comprendre comment le discours religieux se structure entre foi simplifiée et valeurs morales régulatrices du comportement social.

25. Les sciences sociales et les enjeux de la société algérienne
Mohamed Saïdi (Université de Tlemcen, Algérie)
Résumé : L'auteur pose la question de l'utilité sociale de la recherche : à quoi servent les thèses si elles finissent au placard après la soutenance ? Il analyse la tension entre la "sociologie avec société" et le "chercheur sans société". L'objectif est de dépasser la coupure entre l'espace académique et les besoins de développement, en évitant les pièges de la démagogie et de l'idéologie pour ancrer la recherche dans le réel algérien.

26. Recherche en sociologie du salafisme contemporain : Courage ou témérité ?
Abdelhakim Aboullouz (Université Ibn Zohr, Agadir, Maroc)
Résumé : À partir de son étude sur le salafisme au Maroc, l'auteur décrit un terrain complexe où le chercheur est concurrencé par les rapports des services de renseignement et les discours journalistiques. Il interroge l'indépendance du chercheur face à un objet aussi sensible et médiatisé. L'enjeu est de transformer une "aventure de terrain" risquée en un savoir académique sectoriel (rites, socialisation, leadership) capable d'informer les politiques publiques sans tomber dans le normatif.

27. Le fruit vert d’une pratique locale de la science sociale : Mohamed Brahim Salhi (1952-2016)
Kamel CHACHOUA
IREMAM, Aix Marseille, France / CRASC, Algérie
Résumé
Mohammed Brahim Salhi ( 1952-2016) représente une trajectoire universitaire particulière dans l’espace des choix scolaires et disciplinaires de sa génération comme le montre le cas des universitaires animateurs du mouvement berbère de 1980 (Tizi-Ouzou), qui sont tous d’origine villageoise, magistrants, enseignants ou ingénieurs en sciences exactes. De formation littéraire, socialisé dans l’ancienne ville de Tizi-Ouzou où ses parents ont immigrés d’un village de haute Kabylie à l’époque coloniale, diplômé de la faculté des sciences politiques d’Alger ( en 1975) puis, boursier du gouvernement algérien en France où il avait préparé une thèse sur La Rahmaniyya, soutenue en 1979 à Paris , sous la direction de Camille Lacoste Dujardin ( 1929-2016); Mohammed Brahim Salhi fut, jusqu’aux années 1990 , un enseignant distinct et discret dans un paisible et invisible département d’architecture situé dans un bosquet à la périphérie de la ville de Tizi-Ouzou. Ses travaux sur la Rahmaniyya et la religiosité locale ne seront connus qu’à partir des années 1990, après son intégration au CRASC (fin des années 1990), à titre de chercheur associé où il avait publié l’essentiel de ses articles dans la revue Insaniyyat. Car, avant 1990, l’anthropologie comme la sociologie étaient perçues dans le sens commun universitaires kabyles comme des disciplines engagées et leur absence dans le petit centre universitaire local, ouvert en 1976, fut considérée comme volontaire et politique. L’ouverture du département de langue et culture amazigh en 1989 ( dirigé un moment par Mohamed Brahim Salhi) ,dans l’enceinte même de l’université de Tizi-Ouzou, entre temps baptisée au nom de Mouloud Mammeri ( 1917-1989), suivie par l’arrivée massive de toutes les disciplines des sciences humaines et sociales durant cette toute dernière décennie, ont « dépolitisées » et « banalisées » ces disciplines, et en même temps, initiée et même enracinée une véritable pratique locale de la science sociale. Mohamed Brahim Salhi est sans doute le témoin actif et réflexif de cette transition politique et épistémique ; ses travaux en témoignent en tous cas.

28. Le HCA et le fonctionnement de la jeune recherche du domaine amazigh en Algérie (2000-2017)
Boudjema AZIRI
HCA/ Université de Bouira/ CRASC
Résumé
Dans quelle mesure, comment et par quels moyens le HCA a contribué ou entravé la jeune recherche ?
Etant responsable de la Recherche, depuis l’an 2000 à ce jour, au sein de cette institution, créée en 1995 sous tutelle de la Présidence de la République, ma contribution portera sur l’apport du HCA à la jeune recherche en Algérie dans son aspect lié au domaine amazigh (langue, culture, histoire et société). Feu Brahim Salhi a réalisé au sein du HCA un travail de consulting intitulé La Rahmaniya, de l’avènement à l’insurrction de 1871, édition HCA, 2008 ; il avait projeté de réaliser un important travail sur le fait religieux au Grand Maghreb.

29. Rêvons de recherche scientifique : Expérience du GRAS
Mohamed MEBTOUL / Ouassila SALEMI
GRAS Oran, Algérie
Résumé
En partant de notre expérience de recherche de 25 ans dans le champ des sciences sociales et santé, nous souhaitons inscrire ces propos dans une forme d’utopie intimement articulée au nécessaire engagement et à l’implication du chercheur, qui est me semble, aujourd’hui, incontournable en l’absence de référents ou de normes explicites dans la construction d’une politique de recherche. De notre point de vue et sans occulter les multiples contraintes administratives, financières et statutaire du chercheur associés, l’éthos pour reprendre le sociologue allemand Maw Weber, c’est-à-dire notre posture à l’égard de la recherche ne peut pas, être sous-estimée si on considère que toute production de connaissances scientifiques mobilise une pratique sociale : quête d’informations, d’informateurs privilégiés, intégration dans des réseaux scientifiques, immersion dans la société pour tenter de la comprendre. Je me trompe peut-être, mais la recherche ne me semble pas être un métier qu’il s’agit d’accomplir dans une forme sociale marquée par la routine et le repli sur soi. La recherche a été pour moi de l’ordre de la captation radicale, au sens où la passion et la volontarisme ont été déterminants pour tenter de donner une « vie » et une âme, c’est-à-dire une identité à un espace de recherche en sciences sociales et santé.

30. La recherche sociologique en Algérie entre le discours politique et la réalité sociale
Mohamed Akli FARADJI
Université de Béjaia Algérie
Résumé
Incontestablement, le secteur de la recherche en sciences sociales en générale et de la recherche sociologique en particulier est touché de plein fouet par les péripéties qu’a connues le système politique en Algérie, et son corollaire le discours idéologique. Cette grande influence a profondément façonné les orientations de la recherche sociologique depuis les doctrines post- indépendantistes jusqu’aux propositions actuelles développées par les sociologies des années 2000.
Notre communication tentera d’analyser le rapport qui existe entre les choix politiques de la recherche académique en sciences sociales et le contenu sociologique développé au sein des institutions académiques.
En d’autres termes cette proposition de communication propose d’examiner l’impact des discours politiques sur les orientations des déférents langages sociologiques exprimés par la jeune recherche en sociologie.
Mots clés : sociologie, discours politique, réalité sociale.

31. Comment préparer les jeunes chercheurs ? Réflexion autour d’une expérience
Mohamed BENGUERNA
CREAD Algérie
Résumé
Depuis 2014, l’Ecole Nationale Supérieure de Management (ENSM) a entamé une expérience de formation doctorale pour les étudiants et jeunes chercheurs algériens.
Le Comité de Formation Doctorale (CFD) de cette institution dont je suis le président en collaboration avec l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD/France) représenté par Jean Baptiste Meyer directeur de recherche, initie un atelier méthodologique à la recherche au bénéfice d’une vingtaine (20) de doctorants ENSM/ Hors ENSM. Cet atelier a cours depuis deux ans et reçoit chaque année une nouvelle promotion.
L’objet de notre communication est triple :
1. Présenter les motivations est les attentes d’une telle initiative.
2. Présenter des données statistiques sur les bénéficiaires, les animateurs de cette formation, des données sur la nature, le contenu du programme et les procédures pédagogique.
3. Pointer quelques observations sur cette expérience et avancer quelques réflexions pour consolider et enrichir cette expérience.
Ce dernier point mettra en relief les problèmes de motivations, les questionnements et l’appareil conceptuel, de même que les problèmes de terrain et le choix des techniques d’approche.
Tous ces éléments seront portés par la trame sociétale dans laquelle s’inscrit toute recherche de terrain en mobilisant certaines valeurs de la posture du chercheur en Sciences et Sociales Humaines.

32. La recherche en sciences humaines et sociales en Mauritanie : entre difficultés institutionnelles et quête d’un positionnement académique
Ousmane WAGUE
Université Al ASRIYA de Nouakchott, Mauritanie
Résumé
Le déficit, en diversité, qualité et quantité des institutions de recherche en général et, en particulier, celles spécialisées en sciences humaines et sociales, s’est traduit en Mauritanie pendant plus de trois décennies par le manque de structuration et d’organisation de la recherche- développement-innovation, dans les domaines considérés comme vitaux et essentiels pour le développement du pays.
Dans le milieu universitaire, cœur battant de la recherche, les enseignants-chercheurs dans les différentes spécialités de sociologie, d’histoire, d’anthropologie, de géographie, d'économie, entre autres, ont toujours accordé une grande importance à la recherche, en faisant contre mauvaise fortune bon cœur, compte tenu du manque de motivation et des faibles moyens qui y sont alloués.
Cependant, certains chercheurs indépendants mauritaniens établis à l’étranger ou vivant en Mauritanie entreprennent des investigations dans de nombreux domaines sur des sujets à vocation socio-anthropologique, historique, économiques… soit, à travers d’articles scientifiques, des ouvrages, soit sous forme de consultations et d’études de diagnostic...
Une des premières institutions concernées, sinon, la principale institution, l’Université de Nouakchott, 1ère université publique du pays, créée en 1981 a tenté de promouvoir la recherche en sciences humaines et sociales à travers ses deux principales facultés (Économie/Droit et Lettres/sciences sociales et humaines….
Les responsables universitaires ont, en effet, procédé, depuis environ deux décennies, à la création d’un centre universitaire d’études sahariennes, des laboratoires de recherches et des équipes de recherches ainsi qu’un centre d’enseignement des langues avec un effectif d’environ 15 000 étudiants encadrés par plus de 200 enseignants.
D’une manière générale, les résultats obtenus par certains enseignants-chercheurs impliqués dans les unités de recherche spécialisées en sciences humaines et sociales, sont estimés à plus de 400 publications, entre 2010 et 2015 figurant toutes dans des revues à comité de lecture en général.
Sans le manque de moyens, l’absence, en grande partie des institutions, le manque de crédit accordé aux institutions académiques, la recherche en sciences humaines et sociales, pourrait déboucher davantage sur un résultat bien meilleur. En effet, elle est restée pendant longtemps moins visible par rapport à l’enseignement académique passant par une longue période de vaches maigres. L’espoir peut être permis en raison des reformes en chantier. L’organisation et la structuration de la recherche sont en cours. Une école doctorale, avec plusieurs formations doctorales, a été mise en place avec un système de cotutelle de thèse. Si autrefois, l’action de recherche se limitait, au niveau de tous les départements, à l’encadrement des mémoires de fin d’études et à quelques excursions au niveau certains département, depuis l’adoption par l’Université du système LMD, un effort considérable a été déployé pour promouvoir la recherche scientifique. Les textes créant et organisant les unités de recherche (filières fondamentales, laboratoires, groupes de recherche) ont été pris par les instances compétentes.
S’agissant des sciences humaines et sociales, 15 unités de recherche et laboratoires ont été créées de nos jours. L’objectif de tout ce dispositif est de donner une nouvelle dynamique à la recherche en sciences humaines et sociales et d’en faire un levier du développement économique et social.

L’objectif de la présente communication est de faire :
Un recensement et un décryptage des difficultés ayant paralysé le développement de la recherche en sciences humaines et sociales ;
Une analyse des thématiques qui étaient en vogue et celles d’actualité ;
Une présentation des nouvelles reformes entreprises pour impulser la recherche dans les sciences humaines et sociales,
La présentation de la situation de la coopération sous régionale et internationale en matière de la recherche en sciences humaines et sociales ;
Une revue des nouvelles orientations stratégiques et thématiques
La démarche méthodologique se basera sur les interviews semi-directifs et les entretiens directifs pour dresser un tableau exhaustif sur la situation de la recherche en sciences sociales. En plus de cette méthode, une analyse de contenu des anciens documents et des nouveaux plans stratégiques mis en place pour la promotion de la recherche en sciences humaines et sociales.
Bref, les difficultés institutionnelles freinant le développement de la recherche en sciences humaines et sociales seront passées au peigne-fin. Les nouveaux projets visant à accorder à la recherche un nouveau positionnement seront décryptés à travers la présente communication.

33. Le Magistère comme première expérience pour un jeune chercheur en anthropologie
Tayeb REHAÏL
Unité de Recherche TES – Constantine / CRASC
Résumé
Le déficit, en diversité, qualité et quantité des institutions de recherche en général et, en particulier, celles spécialisées en sciences humaines et sociales, s’est traduit en Mauritanie pendant plus de trois décennies par le manque de structuration et d’organisation de la recherche- développement-innovation, dans les domaines considérés comme vitaux et essentiels pour le développement du pays.
Dans le milieu universitaire, cœur battant de la recherche, les enseignants-chercheurs dans les différentes spécialités de sociologie, d’histoire, d’anthropologie, de géographie, d'économie, entre autres, ont toujours accordé une grande importance à la recherche, en faisant contre mauvaise fortune bon cœur, compte tenu du manque de motivation et des faibles moyens qui y sont alloués.
Cependant, certains chercheurs indépendants mauritaniens établis à l’étranger ou vivant en Mauritanie entreprennent des investigations dans de nombreux domaines sur des sujets à vocation socio-anthropologique, historique, économiques… soit, à travers d’articles scientifiques, des ouvrages, soit sous forme de consultations et d’études de diagnostic...
Une des premières institutions concernées, sinon, la principale institution, l’Université de Nouakchott, 1ère université publique du pays, créée en 1981 a tenté de promouvoir la recherche en sciences humaines et sociales à travers ses deux principales facultés (Économie/Droit et Lettres/sciences sociales et humaines….
Les responsables universitaires ont, en effet, procédé, depuis environ deux décennies, à la création d’un centre universitaire d’études sahariennes, des laboratoires de recherches et des équipes de recherches ainsi qu’un centre d’enseignement des langues avec un effectif d’environ 15 000 étudiants encadrés par plus de 200 enseignants.
D’une manière générale, les résultats obtenus par certains enseignants-chercheurs impliqués dans les unités de recherche spécialisées en sciences humaines et sociales, sont estimés à plus de 400 publications, entre 2010 et 2015 figurant toutes dans des revues à comité de lecture en général.
Sans le manque de moyens, l’absence, en grande partie des institutions, le manque de crédit accordé aux institutions académiques, la recherche en sciences humaines et sociales, pourrait déboucher davantage sur un résultat bien meilleur. En effet, elle est restée pendant longtemps moins visible par rapport à l’enseignement académique passant par une longue période de vaches maigres. L’espoir peut être permis en raison des reformes en chantier. L’organisation et la structuration de la recherche sont en cours. Une école doctorale, avec plusieurs formations doctorales, a été mise en place avec un système de cotutelle de thèse. Si autrefois, l’action de recherche se limitait, au niveau de tous les départements, à l’encadrement des mémoires de fin d’études et à quelques excursions au niveau certains département, depuis l’adoption par l’Université du système LMD, un effort considérable a été déployé pour promouvoir la recherche scientifique. Les textes créant et organisant les unités de recherche (filières fondamentales, laboratoires, groupes de recherche) ont été pris par les instances compétentes.
S’agissant des sciences humaines et sociales, 15 unités de recherche et laboratoires ont été créées de nos jours. L’objectif de tout ce dispositif est de donner une nouvelle dynamique à la recherche en sciences humaines et sociales et d’en faire un levier du développement économique et social.
L’objectif de la présente communication est de faire :
Un recensement et un décryptage des difficultés ayant paralysé le développement de la recherche en sciences humaines et sociales ;
Une analyse des thématiques qui étaient en vogue et celles d’actualité ;
Une présentation des nouvelles réformes entreprises pour impulser la recherche dans les sciences humaines et sociales,
La présentation de la situation de la coopération sous régionale et internationale en matière de la recherche en sciences humaines et sociales ;
Une revue des nouvelles orientations stratégiques et thématiques
La démarche méthodologique se basera sur les interviews semi-directifs et les entretiens directifs pour dresser un tableau exhaustif sur la situation de la recherche en sciences sociales. En plus de cette méthode, une analyse de contenu des anciens documents et des nouveaux plans stratégiques mis en place pour la promotion de la recherche en sciences humaines et sociales.
Bref, les difficultés institutionnelles freinant le développement de la recherche en sciences humaines et sociales seront passées au peigne-fin. Les nouveaux projets visant à accorder à la recherche un nouveau positionnement seront décryptés à travers la présente communication.

34. Les jeunes chercheurs en anthropologie ; cas des enseignants chercheurs à l’université de Bejaia
Farid ASSIAKH
Université de Bejaia, Algérie
Résumé
Cette communication a pour objectif la compréhension de l’univers des jeunes chercheurs spécialisés en anthropologie et exerçant comme enseignants à l’université. Ces chercheurs sont actuellement des doctorants à l’école doctorale en anthropologie, ils ont tous effectué des travaux de recherche en anthropologie dans le cadre de magister. Paradoxalement, aucun de ces chercheurs n’a été destiné à poursuivre une carrière académique dans le domaine de l’anthropologie ; ils ont tous, sans exception, été formés pendant la graduation dans des filières autres que l’anthropologie (sociologie ou langue et culture amazighes).
En effet, l’anthropologie, et jusqu’une date récente, n’était pas enseignée comme filière dans toutes les universités algériennes. Durant les années 70 l’anthropologie a été supprimée du champs universitaire, l’anthropologie est considérée à l’époque une science coloniale utilisée pour mieux dominer les Algériens. Durant les années 2000, on a voulu réintégrer cette discipline à l’université, mais des problèmes s’imposaient. L’Algérie dispose de peu de spécialistes capables d’enseigner l’anthropologie à l’université, et c’est dans ce cadre que l’école doctorale en anthropologie a été lancée. L’objectif de cette école est de former des spécialistes en anthropologie qui peuvent à la fois mener des recherches anthropologiques et enseigner à l’université.
L’université des Bejaïa était parmi les universités qui ont collaborés dans cette école doctorale, et c’est ainsi que des étudiants formés à cette université ont pu intégrer cette école. Après l’obtention de leur magister, ces étudiants seront recrutés dans leur majorité à l’université de Bejaia pour enseigner au département de langue et culture amazighes.
Nous voulons par, le biais de cette communication, mettre en lumière la situation actuelle de ces jeunes chercheurs, en essayant de comprendre leurs trajectoires scientifique et professionnelle. En d’autres termes, nous voulons comprendre à quel point leur formation en graduation et en poste graduation influence les choix des thématiques de recherche. Aussi, nous essayerons de comprendre l’impact du milieu professionnel sur les thématiques traitées par ces jeunes chercheurs. Comme nous allons essayer de traiter des obstacles rencontrés par ces derniers soit dans le milieu professionnel ou durant la réalisation de leurs recherches.

35. Jeune chercheur en Tunisie : Entre confusion et maitrise
Donia REMILI
Faculté (FSHST ) de Tunis, Tunisie / Inetop-Cnam Paris, France
Résumé
L’intervention sur la thématique de « la jeune recherche au Maghreb », que je voudrais partager avec vous, est le fruit de ma réflexion et de mon expérience en tant que jeune psychologue chercheure tunisienne. Il s’agit, notamment, d’exposer les contraintes vécues en termes théorique, méthodologique, pédagogique et institutionnel. Il est un truisme d’affirmer que se lancer dans une recherche scientifique, est un travail laborieux et hardi. C’est une aventure, où le doctorant se sent dans la nature, appelé à construire « une autre vision du futur ». La recherche, est aussi une mission qui est souvent possible, quand elle est couronnée de réussite, et parfois impossible quand elle est vouée à l’échec. Dans le souci de contourner cet échec, il est crucial de décortiquer les écueils qui entravent le travail du doctorant dans sa quête pour une recherche…. avec recherche.

36. L’expérience de recherche en migration
Samir DJELTI
Université de Mascara, CRASC
Résumé
Au niveau de magister j’ai travaillé sur les causes et les conséquences de la migration irrégulière pour conclure qu’elle représente la continuation normale de la migration régulière causée initialement par la pauvreté et le chômage. Les recherches de doctorat visaient l’étude de la migration et développement en Algérie. Le lien entre migration et développement passe théoriquement par : les transferts de fonds, la migration retour, les réseaux et le Brain Gain. Les résultats ont confirmé l’absence de l’effet migration développement en Algérie. En parallèle, à travers les participations aux manifestations scientifiques et les publications, j’ai relié la migration à l’entreprenariat, le chômage, les investissements directs étrangers et le tourisme. Dans le même ordre d’idée, dans une perspective multidisciplinaire, j’ai même relié le sujet migration à la solidarité et à l’identité.
Récemment, j’ai proposé une théorie unificatrice de la migration «Osmosis : the Unifying Theory of Human Migration» . Cette théorie tente d’expliquer toutes les migrations humaines. Dans le premier article j’ai étudié l’évolution des déterminants de la migration humaine en divisant son histoire à deux grandes périodes. La première est la migration simple qui s’étend de la première migration hors Afrique jusqu’à la grande transformation. Cette migration est à son tour divisée en trois périodes: la diffusion, la stabilisation et la concentration. Durant la diffusion, qui correspond à la population de la terre, la chasse et la récolte représentaient la source de vie des humains. Ce qui fait, la migration de cette époque était nomade et vivrière, guidée par la recherche de l’eau et le climat favorable. Durant la stabilisation, qui coïncidait avec la révolution agricole et la concurrence entre les tribus pour avoir les terres les plus fertiles, la sécurité est apparue comme le troisième déterminant naturel. La période de concentration, marquée par l’apparition des villes, a met en relief la population et la superficie comme les nouveaux déterminants naturels de la migration humaine. La deuxième grande période est la migration compliquée, caractérisée par des fluctuations rapides et guidée par des sous déterminants tels que les réseaux, les politiques migratoires, les salaires, le chômage…etc.
Dans le second article j’ai utilisé l’analogie d’osmose pour expliquer la migration humaine par les déterminants naturels. L’osmose est la mobilité des ions d’eau d’une cellule moins concentrée vers une cellule plus concentrée à travers une membrane semi-perméable. En biophysique, la pression osmotique est calculée par le second principe de la thermo dynamique. Nous avons remplacé intuitivement les variables de la formule par les déterminants naturels pour calculé la pression migratoire dans les pays. Les résultats ont confirmé les prédictions théoriques, la migration humaine est donc une affaire de pression.

37. Enquêter dans une situation qualifiée d’anormalité- Le cas des bidonvilles
Jaouad AGUDAL
Université Mohammedia-Casablanca, Maroc
Résumé
La catégorisation qu’opèrent les pouvoirs publics entre les quartiers urbains place les configurations bidonvilloises en dehors de la norme sociale. Ce dehors de la norme, à condition de le comprendre comme construction sociale (Becker, 1985), tient au type des habitations, au statut du foncier, à la présence des services publics (ramassage des ordures, eau potable, électricité, etc.), au rapport avec les « urbains normaux », etc. Cette anormalité fût renforcée par la mise en place des politiques publiques affichant comme objectif l’éradication de ces configurations des villes. Les bidonvilles sont vus comme une pathologie urbaine qu’il faut combattre à tout prix. Ce discours normatif renforce chez les populations bidonvilloises le sentiment de l’anormalité de leur mode d’exister et renforce chez eux la volonté de la réintégration de la norme sociale. Celle-ci consiste à accéder à un logement décent (une propriété), et du coup normal, à bénéficier des services urbains, etc.
La pénétration d’un brrani (étranger) dans la configuration bidonvilloise est associée à la possibilité de venir en aide à des catégories sociales qui se définissent avant tout par l’anormalité de leur mode d’exister (on n’est pas comme les hommes). En déambulant dans les ruelles du bidonville, le chercheur, muni de son sac à dos et de son magnétophone, suscite des curiosités. Il est là peut-être pour recenser les baraques, procédé des autorités locales pour établir la liste des attributaires, pour se renseigner sur les conditions de vie de ces « petites gens », ce qui est associé à la possibilité d’accorder certaines aides aux nécessiteux, surtout à l’approche des fêtes religieux (la fête du sacrifice), ou encore pour mettre en cause les intérêts des anciens ( surtout que ceux-ci sont établis au bidonville, lieu de notre étude, depuis les années 1930, bénéficient des terres agricoles locales et refusent d’être transférés ailleurs, etc. ). De ce fait, la divergence des intérêts confronte le chercheur aux enjeux liés à la configuration anciens/nouveaux et le met face à des attentes diverses. Ainsi, il coure le risque de se voir affilié à l’un de ces « groupes stratégiques » (Olivier de Sardan, 2013), surtout que les enquêté-e-s, figurant dans la catégorie des anciens ou celle des nouveaux, voient d’un mauvais œil sa présence à côté des personnes considérées comme adversaires.
Pris entre les préoccupations de ses enquêté-e-s et ses propres préoccupations, le chercheur se trouve toujours dans une posture de malaise. Ce malaise s’accentue beaucoup plus quand les enquêté-e-s se mettent à pleurer alors que le chercheur conduit ses entretiens (ces incidences nous sont beaucoup arrivées). Sommes-nous alors dans la mesure d’opérer le désengagement émotionnel dont Parle Norbert Elias (1993) dans de telles situations ? Pouvons-nous maîtriser le déroulement des entretiens face à des enquêté-e-s prédisposé-e-s à adopter le vocabulaire de la souffrance et du misérabilisme ? Que faisons-nous face aux demandes d’aide exprimées par les enquêté-e-s ? C’est sur ces questions que nous nous proposons de mener une réflexion. Il s’agit de mener une réflexivité (Bourdieu, 2003) sur une expérience de terrain se déroulant auprès des acteurs faibles (Payet, 2011) vivant au sein d’une configuration socio-spatiale qualifiée d’anormalité. Il s’agit d’un bidonville placé à la marge de la ville de Meknès (Maroc).
Bibliographie
Becker, Howard S. (1985). Outsiders : études de sociologie de la déviance. Ed, Métailié, Paris.
Bourdieu, Pierre. (2003). Méditations pascaliennes. Ed, Seuil, Paris
Olivier de Sardan, Jean-Pierre. (2013). « La politique du terrain», Enquête [En ligne], 1 | 1995, mis en ligne le 10 juillet 2013, consulté le 14 août 2017. URL : http://enquete.revues.org/263
Norbert, Elias. (1993). Engagement et distanciation : contribution à la sociologie de la connaissance. Ed, Fayard, Paris.
Payet, Jean-Paul. (2011). « les enquêtes sociologiques et les acteurs faibles » SociologieS [En ligne], La recherche en actes, Champs de recherche et enjeux de terrain, mis en ligne le 18 octobre 2011, consulté le 15 août 2017. URL : http://sociologies.revues.org/3629

38. Enquêter sur un ordre religieux soufi. Réflexions à partir d’un terrain dans l’Anti- Atlas au Maroc
Mohamed ES-SALIH
Doctorant CM2S Casablanca Maroc
Résumé
Le travail que je mène est une enquête ethnographique de terrain dans une Zaouia au sud du Maroc. L’approche est anthropologique d’un trait essentiel de l’Islam au Maghreb : l’adhésion aux Zaouias. Je me suis engagé à enquêter sur les nouvelles fonctions des confréries religieuses, les pratiques rituelles ainsi que l’interaction entre le chef de l’ordre religieux et ses disciples.
L’exercice du pouvoir, indissociable du savoir, les dimensions du pouvoir au sein de cette institution et les stratégies d’acteurs sont les questions centrales de cette recherche. Mes choix théoriques sont l’approche wébérienne et la conception de Michel Foucault au pouvoir. Cette étude est partie de ces questions :
Comment décrire et analyser les pratiques du maître et de ses disciples au quotidien ?
Quels sont les effets de pouvoir sur les relations dans la Zaouia ?
Ces questions m’orientent vers l’adoption de l’observation participante dont l’apport apparaît irremplaçable dans mon terrain. Cette expérience me permet de présenter deux années dans une Zaouia, le rapport établit avec mon terrain, les positionnements que j’ai adoptés et les écueils que j’ai rencontrés. Donc c’est une réflexion sur la pratique du terrain et la fabrication de données que j’aimerais partager avec vous.
Les anthropologues et les ethnologues pensent de plus en plus leurs expériences de terrain et les soumettent à un exercice réflexif. Il est intéressant de restituer l’équation personnelle du chercheur dans l’examen des conditions de réalisation du travail empirique. Peu d’ouvrages font l’analyse de la situation d’enquête, un instrument d’investigation, capable à la fois d’éclairer la pratique ethnographique et de fournir des connaissances sur l’objet d’étude.
Plus rares encore sont les ouvrages qui interrogent les modalités du travail empirique, en mettant au centre de leur réflexion la question de la fabrication des connaissances, à partir d’un terrain donné et la question de l’objectivation de la science.
En outre, les recherches sur le thème de la construction des savoirs ont tendance à porter davantage sur la manière dont un savoir s’écrit que sur la façon dont il a été produit sur le terrain, comme en témoignant les travaux postmodernes aux Etats-Unis qui se limitent le plus souvent à une critique textuelle.
Au Maghreb, le déséquilibre du nombre de publications entre les pays du nord africain montre que le terrain n’est pas seulement un lieu où s’exerce une recherche et où se vit une expérience, ni un simple objet d’étude, mais qu’il est également lié à une tradition intellectuelle qui, selon les époques et les pays, n’a pas suscité le même intérêt des chercheurs.
La réflexivité implique de s’intéresser au contexte dans lequel s’exerce une recherche. C’est pour cela que j’aimerais partager avec vous : les problèmes rencontrés dans mon terrain, ma position de chercheur et les relations que j’ai établit avec mes informateurs et mes interviewés.
Ma démarche est plutôt compréhensive, elle s’appuie sur la conviction que les hommes ne sont pas de simples agents porteurs de structures mais des producteurs actifs du social et du religieux. Pour cette raison je suis très attentif aux dits et aux non-dits, aux commentaires des gens, aux pratiques rituelles quotidiennes, au vocabulaire utilisé dans le temps et dans l’espace. Je suis sensible aux mots, aux interactions entre les acteurs et peu m’importe la structure de l’organisation religieuse.
A partir des données recueillies j’essaie d’interpréter et d’expliquer avec souplesse et empathie les informations collectées. Voilà grosso modo l’essence de ma recherche, celle que j’aimerais partager avec d’autres chercheurs qui ont déjà fait le terrain afin de discuter avec eux mes dispositions théoriques et les résultats provisoires auxquels j’ai aboutissent.

39. Le hammam dans une zone montagnard à la découverte d’un nouveau monde (cas de Bouzguene, Tizi-Ouzou)
Naoual DAHMANI
Université de Tizi Ouzou, Algérie
Résumé
Le hammam est une institution sociale et un patrimoine culturel. Son apparition dans des régions rurales est un signe de changements et de mutations de mode de vie et particulièrement celui des nouvelles sociabilités féminines et d’un rapport au corps particulier.
Le hammam est un espace urbain par excellence et devient une culture en faisant partie des rituels incontournables chez les habitants des villes. Du fait qu’il apporte du bien-être physique et psychologique d’autan plus que la vie sociale développée dans cet espace lui donne vite une assise sociale dans multiples villes et participent à son développement et expansion.
Bouzguene qui est une région semi-urbaine connait ce lieu à partir des années 2000 et le nombre de hammam ne cesse d’augmenter attirant des usagères de toutes les régions environnantes. La circulation des femmes dépassent actuellement le cercle du village d’autant plus qu’elles nous précisent que le hammam est actuellement indispensable dans leur vie. Pour certaines l’image de « tala » la fontaine est présente dans cet espace. La présence d’eau, le regroupement de femmes, l’ambiance, les discussions laissent les femmes apprécier cet espace comme la fontaine. Certaines récitent même des chants et des poèmes en étant en groupe et s’identifient à partir de ces chants. Elles échangent des discussions et des débats sur ces derniers car selon elles chaque poème a son histoire dans le village. Ce mouvement de rencontre est le secret de la réussite du hammam dans cette région du fait que plusieurs enquêtées avouent venir en ce lieu pour se distraire, discuter, faire des connaissances et échanger les nouvelles.
Parallèlement, selon nos enquêtées le hammam est un lieu de soins corporels uniques. Ces femmes aujourd’hui donnent une nouvelle définition à leur corps. L’entretien du corps est actuellement indissociable de l’hygiène, la santé, aux plaisirs, au désir de la jeunesse et la performance tant physique qu’esthétique. Le bain a changé de contenu et de sens. Les femmes kabyles ce sont toujours donné à des soins mais actuellement le hammam est considéré le lieu par excellence où les femmes viennent s’approvisionner hygiène, purification et santé. Car selon Le Breton le corps aujourd’hui est devenu un objet à façonner, à modifier, à moduler selon le goût du jour. C’est le cas pour ces usagères qui pensent qu’aujourd’hui il n’est plus possible de se contenter des soins traditionnels utilisés à la maison même si les femmes ramènent ces produits qu’elles utilisent au hammam mais aussi accèdent à d’autres soins plus modernes que les femmes rencontrées au hammam apportent avec elles ou ce qui est vendu par la patronne. Cette dernière qui insiste à présenter toute l’actualité des soins de toutes les marques et les prix.
Le hammam à Bouzguéne présente un monde intéressant à explorer vue que les femmes découvrent un monde « moderne » dans leur conception mais qui fait référence à un monde traditionnel « la fontaine kabyle » où les femmes se rencontrent, chantent, discutent et soigne leur corps sans citer les bienfaits sur la santé pour les vieilles personnes et devient indissociable de leur vie.

40. Le parcours laborieux de préparation d’une thèse de doctorat, en Algérie ; cas: Université d’Oran
Cherifa BRIDJA
Université Oran 2, Algérie
Résumé
Il est évident que les sujets de questionnement sociologique ne manquent pas dans un pays du Sud, tel que l’Algérie, ayant une composante sociale très diverse, une culture originelle, en pleine transformation sous l’effet des changements sociaux imposés par une mondialisation qui ne cessent de produire des effets inattendus sur notre contexte socioculturel.
En Algérie ; l’espace social est large, et surtout en pleine mutation, ce qui permet à tout futur thésard d’envisager une thématique de recherche appropriée, pouvant constituer une problématique valable pour réaliser une thèse. Cependant le parcours d’élaboration, de concrétisation et de finalisation d’une thèse en Algérie, pour certains étudiants n’est pas une démarche facile. En plus du cursus universitaire très diversifié, le thésard doit affronter des difficultés administratives, documentaires et de terrain qui sont parfois éprouvantes. La recherche scientifique (dont la thèse de doctorat constitue une base) est un terrain très ouvert dans notre pays, mais ne bénéficie d’aucun support, malgré des thématiques encore intactes, à développer à prospecté. Il faut beaucoup de ténacité et de courage pour arriver à réaliser son rêve de devenir « docteur ».

41. Les migrations des femmes maghrébines vers les pays du Golfe.
Sous la direction de Michel PERALDI, IRIS, EHESS (Paris)
Nassera GUEZZAN AZIZI
IRIS, EHESS, Paris, France
Résumé
J'ai porté mon choix sur ce thème de recherche car il existe peu de travaux existants sur ce sujet, et le peu de données que nous avons sont souvent incomplètes ou imprécises, je n'ai pu trouver d'enquêtes de terrain ou de récits de vie portant sur ce type de migrations et sur les femmes issues du Maghreb qui choisissent les pays du Golfe comme pays de migration, d’autant plus que les mouvements migratoires du Maghreb vers cette partie du monde ont connu des changements depuis une décennie environ, d’où l’importance de mener des recherches nouvelles dans ces régions.
Nous détenons une grande littérature sur la question des migrations maghrébines vers l’Europe, mais les autres formes de migrations, notamment les migrations féminines, n’ont que peu été traitées, spécifiquement pour des destinations plus lointaines; les questions d’émancipation / soumission / négociation, sont particulièrement intéressantes à étudier dans ces dimensions.
La particularité du cadre juridique de migration de ces femmes est essentielle dans la compréhension de ces migrations, puisque les femmes migrent dans le cadre d’un régime spécifique, qui est celui de la kafala (parrainage), qui est un système provenant directement du droit coutumier bédouin. La migration dans ce cadre est particulière, et il convient de s’interroger d’autant plus lorsqu’il s’agit de femmes migrant seules, de leur pouvoir d’agir, de vivre, de travailler, dans un système où tout travailleur doit être parrainé. De même, à la rencontre du terrain, j’ai pu découvrir des aménagements faits au droit liés au fait de migrations féminines de plus en plus importantes, et aux mariages parfois conclus lors de cette migration. Ce thème de recherche m’a d’autant plus intéressée, car j’ai pu avoir un accès direct au terrain lors du recueil des récits de vie auprès de jeunes femmes en migration dans les Emirats, étant donné que j’ai vécu plusieurs années au Moyen-Orient.
J’ai également eu l’opportunité de réaliser deux terrains au Maroc et un en Algérie grâce à l’appui de mon laboratoire de recherche, l’IRIS, qui m’a permis de rencontrer les jeunes femmes en amont et en aval de la migration, j’ai récemment effectué une enquête de terrain (Décembre 2016 et été 2017) portant sur le retour des jeunes femmes après leur migration au Moyen-Orient.
Etant en fin de thèse, je vais entrer dans ma phase de rédaction et d’analyse de tous les matériaux recueillis lors de mes différentes enquêtes, aussi bien aux Emirats mais aussi au Maroc et en Algérie.
En effet, dans mon travail, j’ai recherché à analyser et comprendre les motivations, les raisons, les démarches dans la migration, auprès des femmes, dans leur pays d’origine, au contact de leur famille (car je m’intéresse à la question de la négociation avec les proches pour des femmes issues de pays au modèle patriarcal, et sous influence de la religion musulmane) et dans le pays de destination (au contact de leurs kafils, collègues, ami(es)).
Aussi, je souhaiterais participer à ce colloque portant sur la jeune recherche en sciences sociales au Maghreb, afin de présenter mon expérience de recherche au Maghreb et sur le Maghreb, et les problématiques de mon travail, ainsi que les difficultés rencontrées sur mes terrains en Algérie et au Maroc.
Il me semble important de pouvoir présenter, échanger et enrichir mon travail lors d’un tel évènement, en exposant mes questions de recherche et la méthodologie employée, ainsi que les contraintes liées au terrain, que cela soit au Maroc et en Algérie, cela peut se faire également dans une dimension comparative entre les deux pays. Il peut aussi être intéressant de mettre en lien à travers ce colloque les jeunes chercheurs travaillant sur le Maghreb pour des perspectives de travail en commun, ainsi que de découvrir les recherches menées au sein des différents laboratoires de recherche au Maghreb pour travailler sur des formes de coopération. Les tentatives de mise en relation et de collaboration que j’ai mise en œuvre en ce sens peuvent être aussi décrites lors de colloque.
Je suis prête à m’investir dans de telles démarches, en commençant par une présentation de mes travaux, de mes premiers résultats de recherche ainsi que par une représentation de la complexité du terrain dans un contexte marocain et/ou algérien.

42. Á la découverte de la Géographie Sociale
Robert HÉRIN et Hayette NEMOUCHI
Université de Caen, France / CRASC, Algérie
Résumé
La géographie a longtemps été classée comme une science naturelle, mais dans le cours d’une évolution maintenant plus que séculaire elle se situe aujourd’hui de plus en plus dans les sciences sociales. Dans le cadre de la problématique du présent colloque, notre contribution va présenter une réflexion et une expérience de recherche dans le champ de la géographie sociale. Cette branche de la géographie a vu le jour dans les années 1970 ; elle affirme désormais sa singularité et son dynamisme dans la conception de la géographie contemporaine. La nouvelle manière de pratiquer la géographie se centre sur l’étude des rapports entre le spatial et le social. Inspirés par la pensée d’Henri Lefebvre (1974), la géographie sociale définit en effet l’espace comme un produit élaboré par les sociétés humaines. Dans cette nouvelle forme de penser la géographie, on découvre une méthode d’analyser l’espace à travers les vécus individuels. Il est clair que l’importance de la dimension conjointe du social et du spatial est au coeur de la recherche en géographie sociale. Les ouvertures interdisciplinaires et les remises en question qui en résultent repositionnent la géographie sociale dans le dialogue avec les autres sciences sociales et humaines, en même temps qu’elles contribuent à l’évolution de la géographie dans l’ensemble de ses composantes.
Dans le cadre du colloque, nous nous proposons d’explorer cette nouvelle vision de la géographie et les interrelations du social et du spatial qui fondent les approches théoriques auxquelles elle contribue et de nous questionner sur les apports de cette géographie sociale dans les sciences sociales et humaines au Maghreb.
Pour mieux cerner la portée de cette discipline, nous allons prendre l’exemple des études foncières et voir comment l’approche d’une géographie sociale a-t-elle pu appréhender les questions de fond concernant le foncier. Considéré comme la base sur laquelle s’effectuent tous les types de rapports sociaux, le foncier est défini comme le produit d’une organisation sociétale. La ressource foncière ne résulte pas d’un mouvement naturel, elle est créée par un processus dont la construction est principalement sociale.

43. Le syndrome d’ibn Batouta : la mobilité du jeune chercheur maghrébin sans ressources
Sofiane BOUHDIBA
Université de Tunis, Tunisie
Résumé
Je souhaiterais traiter dans mon article du défi qui se pose à des milliers d’étudiants, jeunes enseignants et chercheurs maghrébins : la mobilité académique du désargenté, que j’ai dénommée ici syndrome d’Ibn Batouta.
Il est indéniable que voyager, participer à des conférences internationale, discuter avec des collègues provenant de l’autre bout de la planète, sont le meilleur moyen d’approfondir ses recherches, quelque soit le champ des préoccupations scientifiques. Mais comment faire pour voyager lorsque la bourse ou le salaire suffisent à peine à faire vivre sa famille, comment accéder à des billets d’avion de plus en plus coûteux ? Les nouvelles technologies d’échange, via Internet par exemple, sont-elles un succédané à la mobilité académique ? Le chercheur du Nord est-il véritablement avantagé de ce point de vue ? Telles sont les questions auxquelles je me propose de trouver quelques éléments de réponse au cours de ma communication.
Ma réflexion se fera en trois étapes. Je commencerai par montrer dans quelle mesure la mobilité revêt une importance particulière pour les jeunes chercheurs maghrébins, et en particulier dans le domaine des sciences humaines et sociales. J’exposerai ensuite les principaux freins à cette mobilité des jeunes chercheurs maghrébins. Enfin, la dernière partie de l’article se fera en termes de perspectives, et présentera quelques recommandations en vue de faciliter les échanges interuniversitaires Sud/Nord et Sud/Sud dans les années à venir, en m’intéressant plus particulièrement à la jeune recherche en sciences humaines et sociales les trois pays du Maghreb central.

44. Les thèses d'histoire en Tunisie depuis 2011 : une révolution
Nessim ZNAIEN
Université d’Aix – Marseille France
Résumé
L'objet de la présente communication est de déterminer dans quelle mesure les printemps arabes ont entraîné une révolution dans l'historiographie de la jeune recherche, travaillant sur l'histoire de la
Tunisie. Nous nous concentrerons ici sur la réalisation de thèses d'histoire, en ne comprenant donc pas dans l'analyse les mémoires de Master ou les différents articles publiés par des jeunes chercheurs.
Il s'agira tout d'abord de déterminer si le nombre de thèses d'histoire entamées en Tunisie ou sur ce pays, depuis 2011 a augmenté ou non par rapport à la ou les décennies précédentes. Si tel était le cas, il faudrait en déterminer les raisons et définir les périodes ou les genres historiques ayant été le plus impactés par le changement. Nous étudierons les nouveaux sujets de thèse d'Histoire élaborés depuis 2011, de la part des étudiants tunisiens, comme des étudiants étrangers, et nous tenterons d'établir la généalogie de ceux-ci. La comparaison entre les recherches nationales et celles d'étudiants américains ou européens sera ici un point d'entrée fondamental de notre analyse.
Si les thèses d'histoire ayant été commencé après 2011 constitueront le cœur de notre analyse, nous
tenterons également de déterminer, en interrogeant les acteurs eux-mêmes, si les étudiants ayant commencé une thèse avant 2011 ont modifié leur approche historique, voire leur rapport même à l'exercice universitaire de la thèse avec les événements révolutionnaires. Au-delà des thèses ayant été menées à leur terme, nous pourrons également nous pencher sur les doctorats ayant été commencés puis abandonnés et nous tenterons d'en déterminer les raisons.
Une étude sur les thèses d'histoire en Tunisie depuis 2011 aura également pour ambition de connaître les acteurs de cette histoire. Qui sont les nouveaux doctorants, quelles sont leurs formations, leurs origines géographique et sociale ? Le genre est-il déterminant dans la recherche en histoire sur la Tunisie aujourd'hui ?
Par la retranscription d’entretiens semi-directifs avec des acteurs, nous tenterons de déterminer comment se situent les jeunes doctorants par rapport à l’événement historique des printemps arabes.
Envisagent-ils leur recherche comme une activité militante concrète ou souhaitent-ils la situer en dehors du prisme des révolutions arabes ?
Les entretiens avec des jeunes doctorants, comme avec des professeurs d'université nous permettra enfin de déterminer si les révolutions de 2011 ont eu une quelconque influence selon les acteurs, sur les institutions universitaires en tant que telles en Tunisie, dans les relations entre étudiants et professeurs, dans les formations universitaires, ou encore dans les processus de valorisation de la recherche, à l'intérieur du monde académique ou non.
Cette recherche s'inscrit dans le cadre de l'axe 2 de l'ERC TARICA portant sur l'évolution des modèles historiques dans le monde arabe, et sera replacée dans une réflexion plus générale sur l'évolution de l’historiographie et sur les manières de faire de l'histoire en Afrique du Nord depuis les printemps arabes.

45. Trajectoires singulières et Genèse d’un projet collectif : Adolescent en réinsertion et devenir
Khedidja MOKEDDEM
CRASC, Algérie
Résumé
Il s’agit pour nous dans cette contribution de retracer l’histoire de notre projet de recherche, comment s’est construit la relation de recherche de notre groupe, montrer les raisons qui nous ont poussés à engager cette étude sur le thème du «Devenir des adolescents(es) après une mesure de placement dans le centre de réinsertion sociale », nos préoccupations principales qui ont amené à ce choix, nos efforts, notre philosophie de travail, notre approche des terrains différents que nous avons enquêtés, notre manière de construction de connaissance sur le sujet, nos difficultés et notre subjectivité. D’une façon globale raconter notre travail de terrain.
Argumentaire
Ce colloque international tente principalement d’objectiver les pratiques de recherche déployées par les jeunes chercheurs au Maghreb, en incluant tous les aspects, que ce soient les sens attribués au rapport au terrain, aux différents paradigmes mobilisés et aux ratés qui peuvent surgir dans une recherche donnée. Le colloque tentera d’identifier aussi les transformations qui ont pu s’opérer dans les postures des jeunes chercheurs, les thématiques choisies, et la façon de procéder pour mener sa recherche, en comparaison aux travaux antérieurs menés dans les décennies 1980 et 1990. Ces changements semblent indissociables des nouvelles contraintes rencontrées par les jeunes chercheurs dans leurs études respectives qu’il semble important de mettre en exergue. En outre, la mise en perspective de ces multiples expériences de recherche s’impose parce qu’elles ont indéniablement émergé dans un contexte politique, social et intellectuel propre à chaque pays du Maghreb. Ici, l’effet sociétal et politique qui est nécessairement producteur de sens sur les orientations théoriques et méthodologiques imprimées à la jeune recherche dans nos pays respectifs, mérite d’être pris en considération.
Il s’agira, également, d’insister sur la multiplicité des acteurs institutionnels qui sont partie prenante dans le mouvement de la recherche conduite par les jeunes chercheurs, en permettant ou non sa faisabilité, sa valorisation et sa diffusion dans la société. En effet, la recherche ne peut être que l’antithèse de la solitude et de l’isolement des jeunes chercheurs, étant nécessairement au cœur des multiples interactions produites socialement entre les différentes catégories d’acteurs sociaux exerçant dans les institutions de recherche, les Universités algériennes et étrangères, les bibliothèques, etc. Il semble important de décrire finement ces multiples interactions qui peuvent nous permettre de comprendre le sens attribué à la recherche menée par les jeunes, par nos différentes institutions maghrébines.
Il est enfin difficile d’occulter la formation à la recherche qui se construit ou se déconstruit dans nos différents espaces de recherche au Maghreb. Il s’agit de montrer concrètement la façon dont elle est conduite, insistant notamment sur son importance pour accompagner les jeunes chercheurs et les contraintes institutionnelles, administratives ou pédagogiques qui semblent freiner son institutionnalisation et sa généralisation nécessaires pour redonner plus de sens à la jeune recherche dans nos sociétés au Maghreb.
Le colloque s’inscrira nécessairement dans une double temporalité : primo, le présent qui doit permettre de faire le point sur la jeune recherche au Maghreb, dans ses dimensions institutionnelles, scientifiques et administratives. Secundo, l’impératif est de s’inscrire dans l’avenir, en mettant en exergue de nouvelles perspectives de recherche qui pourraient réunir des équipes maghrébines de recherche à partir de thématiques pouvant être communes aux jeunes chercheurs maghrébins. Il semble, en effet, important de nous projeter résolument et avec force sur le Maghreb qui doit progressivement devenir un espace de recherche familier aux jeunes chercheurs de nos sociétés respectives.
Nous rappellerons ici les six (06) thématiques privilégiées (liste non exhaustive) au cours du colloque international :
1- Etat des lieux de la jeune recherche en sciences sociales et humaines au Maghreb.
2- Les expériences de recherche décrites par les jeunes chercheurs.
3- Le sens des transformations de la jeune recherche au Maghreb durant la décennie 2000.
4- Les interactions entre jeunes chercheurs et les acteurs institutionnels (coopération, conflits, formes de soutien ou de distanciation, etc.).
5- Les enjeux de la formation à la recherche au Maghreb.
6- Perspectives de recherche communes entre jeunes chercheurs du Maghreb.
Participants
Aïcha BENAMAR
Aïcha BENAMAR
intervenant
Kamel CHACHOUA
Kamel CHACHOUA
intervenant
Boudjema AZIRI
Boudjema AZIRI
intervenant
Keltouma SALHI
Keltouma SALHI
intervenant
Mohamed MEBTOUL
Mohamed MEBTOUL
intervenant
Biographie
professeur de sociologie de l'Université Oran 2, et chercheur associé au GRAS (Unité de recherche en Sciences Sociales et Santé)
Mohamed Akli FARADJI
Mohamed Akli FARADJI
intervenant
Mohamed BENGUERNA
Mohamed BENGUERNA
intervenant
Salim HMIMNAT
Salim HMIMNAT
intervenant
Mounir SAIDANI
Mounir SAIDANI
intervenant
Hussein Salem MARGEN
Hussein Salem MARGEN
intervenant
Ousmane WAGUE
Ousmane WAGUE
intervenant
Mourad MOULAI HADJ
Mourad MOULAI HADJ
intervenant
Tayeb REHAIL
intervenant
Farid ASSIAKH
Farid ASSIAKH
intervenant
Donia REMILI
Donia REMILI
intervenant
Samir DJELTI
Samir DJELTI
intervenant
Mériem LIMAM
intervenant
Jaouad AGUDAL
Jaouad AGUDAL
intervenant
Mohamed ES-SALIH
Mohamed ES-SALIH
intervenant
Mohammed Mahi ABBES
Mohammed Mahi ABBES
intervenant
Safia FOUATIH MADANI
Safia FOUATIH MADANI
intervenant
Naoual DAHMANI
Naoual DAHMANI
intervenant
Sarra Samra BENHARRATS
Sarra Samra BENHARRATS
intervenant
Thierry GUILLOPE
Thierry GUILLOPE
intervenant
Feriel ABBES
Feriel ABBES
intervenant
Houria DJILALI
intervenant
Cherifa BRIDJA
Cherifa BRIDJA
intervenant
Hind BOUAGADA
intervenant
Leila KOUAKI
intervenant
Yahia BENYAMINA
intervenant
Mohammed BENCHAIBI
Mohammed BENCHAIBI
intervenant
Nassera GUEZZAN AZIZI
Nassera GUEZZAN AZIZI
intervenant
Yamina LATRECHE
intervenant
Souhila SABIA
intervenant
Hafida ABER
Hafida ABER
intervenant
Hadj IKHLEF
Hadj IKHLEF
intervenant
Nadjat LAHDIRI
intervenant
Nadia SEMMACHE
Nadia SEMMACHE
intervenant
Zehia BENABDALLAH
Zehia BENABDALLAH
intervenant
Intissar SAHRAOUI BACHA
Intissar SAHRAOUI BACHA
intervenant
Fatima Zahra TOUBAL
Fatima Zahra TOUBAL
intervenant
Mohammed BENOUAZANI
Mohammed BENOUAZANI
intervenant
Zoubir AROUS
Zoubir AROUS
intervenant
Mohamed SAIDI
Mohamed SAIDI
intervenant
Hayette NEMOUCHI
intervenant
Sofiane BOUHDIBA
Sofiane BOUHDIBA
intervenant
Nessim ZNAIEN
Nessim ZNAIEN
intervenant
Khedidja MOKADDEM
Khedidja MOKADDEM
intervenant
Abdelhakim ABOULLOUZ
Abdelhakim ABOULLOUZ
intervenant
Fouad NOUAR
moderateur
Biographie
Philosophie et Anthropologie, CRASC, ORAN, Algérie.
Biographie
Historien, chercheur à la division « Socio-anthropologie de l’histoire et de la mémoire (HistMém) » au CRASC (Oran) et directeur adjoint du comité de rédaction de la revue Insaniyat.
Mohamed BENGUERNA
Mohamed BENGUERNA
moderateur
Mohamed MILIANI
Mohamed MILIANI
moderateur
Biographie
Chercheur associé, Langue anglaise - Sciences de l'éducation, Université d'Oran 2 / CRASC, Algérie
Karim OUARAS
Karim OUARAS
moderateur
Biographie
Karim Ouaras est professeur de sociolinguistique et d'analyse du discours à l'Université d'Oran 2. Il est également directeur adjoint du Centre d'études maghrébines en Algérie (CEMA),
Photos
La jeune recherche en sciences sociales et humaines au Maghreb. Institutions et acteurs. Hommage à feu Mohamed Brahim Salhi
La jeune recherche en sciences sociales et humaines au Maghreb. Institutions et acteurs. Hommage à feu Mohamed Brahim Salhi
La jeune recherche en sciences sociales et humaines au Maghreb. Institutions et acteurs. Hommage à feu Mohamed Brahim Salhi
La jeune recherche en sciences sociales et humaines au Maghreb. Institutions et acteurs. Hommage à feu Mohamed Brahim Salhi
La jeune recherche en sciences sociales et humaines au Maghreb. Institutions et acteurs. Hommage à feu Mohamed Brahim Salhi
La jeune recherche en sciences sociales et humaines au Maghreb. Institutions et acteurs. Hommage à feu Mohamed Brahim Salhi
La jeune recherche en sciences sociales et humaines au Maghreb. Institutions et acteurs. Hommage à feu Mohamed Brahim Salhi
La jeune recherche en sciences sociales et humaines au Maghreb. Institutions et acteurs. Hommage à feu Mohamed Brahim Salhi